Les 4 grands types de frais des fonds d'investissement

Par Investisseur Privé, le 16 mai 2017

Investir dans un fonds permet de bénéficier du savoir-faire de gérants professionnels. Un service rémunéré par toute une série de frais, qui sont facturés au client final. Tour d’horizon.

 

 
 
 

S’y retrouver dans l’ensemble des frais s’avère parfois une mission ardue. La transparence n’est, en effet, pas toujours de mise dans ce domaine malgré les efforts du régulateur pour clarifier les choses.

Ces frais peuvent être de 4 types :

  • Les frais de transaction,
  • Les frais de gestion,
  • Les commissions de mouvement,
  • Les commissions de surperformance.

Les frais de transaction

Ces frais se décomposent en deux catégories : les frais d’entrée et les frais de sortie. Ces frais s’appliquent à l’achat ou à la revente du fonds par une ponction sur le nombre de parts que vous aurez acheté. Si par exemple vous achetez 100 parts d’un fonds avec des frais d’entrée de 2% vous aurez ainsi 98 parts de ce fonds dans votre portefeuille.

Ces frais sont toujours mentionnés sous la forme « frais maximum ». Et dans les faits, ils sont devenus le principal levier dont disposent les organismes financiers pour vous inciter à choisir ou ne pas choisir tel ou tel produit. Par exemple vous aurez souvent des listes de produits à 0% de frais d’entrée accessibles sur les banques en ligne, produits qui logiquement vont drainer l’essentiel de la collecte. Autre exemple : votre banque, n’ayant pas le droit de refuser de vous vendre un produit agrémenté à la distribution en France, elle peut cependant appliquer les frais maximum sur ce produit. Il aura alors moins d’intérêt.

Avec des frais d’entrée qui peuvent aller jusqu'à 5%, on comprendra qu’ils constituent un levier important pour la vente.

Les frais de gestion

Les frais de gestion servent essentiellement à rémunérer la société de gestion pour son savoir-faire, ses frais de fonctionnement, et la distribution de son produit. Ils sont en général compris entre 0,5 % et 3 % par an. Inclus dans le calcul de la Valeur Liquidative du fonds, ces frais de gestion sont en quelque sorte « transparents » pour l’investisseur. Néanmoins, plus un fonds aura des frais de gestion élevés, plus ils impacteront sa performance globale.

Pour un même fonds, les frais de gestion peuvent aussi varier notablement en fonction du type d’investisseur concerné et du mode de distribution. Les parts dévolues au grand public intègrent en général dans leurs frais de gestion une partie qui sera rétrocédée au distributeur. Cela peut engendrer un doute légitime chez le client final : ce fonds m’est-il conseillé parce qu’il est le meilleur ou parce qu’il est celui qui rétrocède le plus à ses distributeurs ? C’est une des raisons de l’évolution des normes concernant la rémunération des distributeurs et de la nécessaire transparence qu’elle induit.

Quoi qu’il en soit les frais de gestion sont en général bien indiqués dans la documentation du fonds. Au final, même si leur répartition reste parfois obscure, le contrat entre client et la société de gestion est clairement établi.

Les commissions de mouvement

Ce sont probablement les frais les plus controversés : vous les payez lorsque le gérant effectue des arbitrages sur les titres. Les gérants ayant une approche « active » auront donc des fonds plus chargés en frais. Le sujet de controverse : il s’agit de frais sur lesquels le client final n’a aucune visibilité, ni aucun pouvoir.

Les frais courants

L’ensemble de ces trois types de frais est résumé dans un seul coût appelé « frais courants » recalculé une fois par an sur la base des valeurs réelles constatées l’année précédente. Les frais courants à jour sont publiés dans le DICI qui doit être mis à votre disposition pour tout achat de fonds commun de placement.

Les commissions de surperformance

Certains fonds appliquent aussi  des commissions de surperformance. Si l’idée paraît juste (plus on vous fait gagner d’argent, plus on est rémunéré), il faut néanmoins faire attention à quelques éléments importants. Le point principal : par rapport à quoi la surperformance est mesurée. En général, elle est calculée à partir de l'indice de référence du fonds qui est indiqué dans le prospectus. Il est alors impératif de vérifier que celui-ci est « dividende réinvesti », c’est-à-dire qu’il intègre bien les bénéfices des sociétés qui le composent. A défaut, le fonds, qui lui intègre les dividendes, battra l'indice artificiellement et facturera des commissions indues.

Le deuxième point est que même si le fonds perd de l’argent, mais qu’il a fait mieux que le marché, vous paierez des commissions de surperformance. Cela est parfois difficile à comprendre et à accepter pour l’investisseur. Certains fonds appliquent donc ces commissions uniquement quand la performance est positive.

Attention, les commissions de surperformance ne sont pas comptabilisées dans les frais courants du DICI.

Pour aller plus loin

Après de nombreuses années d’opacité et parfois d’abus sur les frais facturés au client final, la législation a beaucoup évolué et les habitudes sont en train de changer vers beaucoup plus de transparence. Les prochaines règles européennes, en vigueur à partir de 2018, obligeront les distributeurs à vous remettre une fois par an un décompte précis des frais perçus, ainsi que le détail de la répartition de ces sommes entre les différents acteurs.