Les indicateurs financiers à connaître pour évaluer un fonds d'investissement

Par Investisseur Privé, le 16 mai 2017

Les indicateurs financiers constituent une palette d’outils d’analyse complète et approfondie permettant de choisir les fonds en fonction des critères privilégiés par l’investisseur.

 
 
 

Ces indicateurs sont de deux types :

  • Les indicateurs absolus tirés uniquement des performances du fonds,
  • Les indicateurs relatifs calculés en comparant ses performances à celle de son indice de référence.

Les indicateurs absolus

La performance. Elle reflète ce que vous a rapporté – ou fait perdre - votre produit sur une période donnée. Ce chiffre peut être cumulé sur la période ou annualisé.

La volatilité. Elle mesure l’éloignement des valeurs liquidatives avec leur valeur moyenne. Plus elle est élevée, plus la possibilité de perdre une somme importante existe, raison pour laquelle elle est traditionnellement assimilée au risque. Sa valeur est toujours annualisée et exprimée en pourcentage.

L’indice de Sharpe. A partir des années 50, on a commencé à raisonner non plus en termes de performance seule mais en associant la performance à la volatilité en partant du principe qu’une volatilité forte devait être compensée par une performance importante. C’est ce qu’exprime l’indice de Sharpe qui va correspondre à la performance annualisée divisée par la volatilité. Cela revient à calculer la rémunération du risque pris.

La perte maximale. Appelée aussi Max Drawdown, elle va déterminer la perte qui aurait été subie par l’investisseur s’il avait eu la malchance d’investir au plus haut et de revendre au plus bas sur la période considérée.

 

Les indicateurs relatifs

Les indicateurs relatifs sont toujours calculés par rapport à un indice de référence (aussi appelé benchmark) qui va représenter le marché. Si un fonds a fait + 10% de performance sur la dernière année c’est une très bonne performance si dans le même temps le marché a fait 0%. Si le marché a fait + 20%, c’est en revanche une performance médiocre. La comparaison d’un fonds à un indice de marché est donc souvent plus riche en informations.

L’Alpha. C’est la performance du fonds par rapport à son indice, c’est-à-dire sa capacité à faire mieux ou moins bien que le marché. Un fonds peut ainsi afficher une performance négative et un alpha positif (le fonds a moins baissé que le marché).

La Tracking Error.  Aussi appelé Ecart de suivi elle est l’équivalent de la volatilité mais par rapport au marché et indique donc la distance entre le comportement du fond et celui du marché. Il indique donc si le fonds a eu un comportement proche de celui du marché (Traking Error faible) ou au contraire s’il a eu un comportement atypique et différent de celui du marché (Traking Error élevée). Dans le premier cas on parlera de gestion passive ou indicielle. Dans le second cas on parlera de gestion active.

Le ratio d’information. C’est la division de l’alpha par la Tracking Error. C’est un bon indicateur de la qualité de la gestion du fonds et se trouve à la base d’un certain nombre de notations de fonds. Pourquoi ? Concrètement, ce ratio d’information mesure la capacité du fonds à créer de la surperformance (Alpha important) tout en ne s’éloignant pas trop du marché (tracking error faible). Cela signifie que le gérant du fonds a réussi à créer de la richesse régulièrement en ne prenant pas de positions trop atypiques.

Le Béta. Basé autour de la valeur 1, il indique la variation moyenne du fonds par point de variation du marché. Exemple : Pour chaque point de hausse ou de perte du marché, un fonds avec un béta de 1,2 aura eu une hausse ou une perte moyenne de 1,2 point et le fonds sera en moyenne 20% plus réactif que le marché. A contrario un fonds ayant un béta de 0,8 sera lui 20% moins réactif que le marché. On dira dans le premier cas, que c’est un fonds offensif car il amplifie les mouvements du marché et dans le deuxième cas, que c’est un fonds défensif car il atténue les effets du marché.

 

Les indicateurs experts

Plus complexes que les indices précités ces indicateurs n’en donnent pas moins des informations précieuses quand on les a assimilés.

Le ratio Omega. Ce ratio provient des produits dont la cotation ne permettait pas de calculer une volatilité fiable, en particulier les produits alternatifs. Il permet de juger de la qualité d’un produit en divisant l’ensemble des performances constatées au-dessus d’un certain seuil par celles en-dessous de ce seuil. Si le ratio Omega est supérieur à 1 alors le fonds aura eu une performance positive, s’il est inférieur à 1 il aura eu une performance négative. Cet indicateur a été très à la mode après la crise de 2008 car il prenait bien en compte les évènements extrêmes, mal appréhendés par l’indice de Sharpe.)

Le ratio de Calmar. Tout comme l’indice de Sharpe il mesure la rémunération du risque pris mais en lieu et place de la volatilité comme représentation du risque, il prend la perte maximale pour la période considérée.

Le DownSideRisk (DSR). Pour le DSR, on ne prend en compte que les périodes où le marché a été négatif. Le but est de calculer une « volatilité à la baisse » qui est au final la seule qui intéresse l’investisseur étant donné que c’est elle qui décrit l’amplitude des pertes potentielles.

L’indice de Sortino. Il est le rapport entre la performance du fonds et le DSR. Cela revient à ne regarder la performance que rapportée à l’amplitude à la baisse. Un indice de Sortino élevé va donc mettre en avant les fonds qui ont été performants tout en étant résilients pendant les périodes de baisse du marché.

Pour aller plus loin

La période considérée pour le calcul d’un ratio est très importante et les valeurs peuvent être sensiblement différentes. Si les indicateurs sont généralement calculés sur une période de 3 ans, il est utile de regarder ces indicateurs sur d’autres périodes, plus courtes (1 an) pour avoir une vision plus instantanée mais moins stable du comportement du fonds, ou plus longues (5 ans) pour intégrer des phases différentes de marché et lisser dans le temps les accidents de parcours.