Investissement : comment appréhender la notion de risque

Par Investisseur Privé, le 16 mai 2017

On ne peut plus parler du rendement d’un investissement sans envisager le risque qu’il nous fait prendre. Il faut aujourd’hui raisonner en termes de couple rendement/risque et non de rendement seul. Que recouvre exactement la notion de risque ? Comment peut-on l’estimer ?

 

 
 
 
 
 
 

En matière financière, le risque est traditionnellement associé à la notion de volatilité et à son corollaire : la possibilité de perte.

La volatilité : marqueur traditionnel du risque

La volatilité se définit comme l’écart type de la série historique sur une période déterminée. En clair, elle détermine l’amplitude de la série autour de sa valeur moyenne. Plus cette amplitude est forte et plus il existera un « risque » de perte important si on achète à un plus haut et que l’on revend à un plus bas. Ainsi un marché action qui sera soumis à de grandes variations sera-t-il considéré comme plus risqué (plus volatil) qu’un marché obligataire qui connaîtra de plus faibles variations. Mais ce calcul d’amplitude ne décrit qu’une partie du risque : si une amplitude forte implique un potentiel de perte important, elle implique aussi un potentiel de hausse tout aussi important. D’autant que l’historique n’est pas symétrique et que certains produits peuvent avoir une forte volatilité tout en maîtrisant les phases de baisse.

L’aversion à la perte

Le concept d’aversion à la perte a été mis sur le devant de la scène après la crise des subprimes de 2008. Il s’agit d’examiner non plus l’amplitude totale d’une série historique, mais sa capacité à résister aux baisses. En d’autres termes, on considère l’amplitude uniquement dans les périodes baissières.

Le max drawdown représente ainsi la perte maximale historique subie si l’on a eu la malchance d’acheter au plus haut et de revendre au plus bas. On l’associe à une autre donnée : le délai de recouvrement, qui correspond au temps (exprimé en jours) nécessaire au fonds pour revenir à son plus haut niveau. Une information toute aussi intéressante car elle donne une indication sur la capacité de rebond du support, une fois « l’orage » passé.

La VAR : le risque comme probabilité

Une perte est facile à calculer en regardant le passé, mais elle est plus difficile à estimer dans le futur. Pour y parvenir, des modèles statistiques ont été développés par les mathématiciens.  La méthode statistique la plus connue s’appelle la Value at Risk (VAR). Elle permet de calculer la perte théorique subie sur une période dans une certaine proportion de cas. On calculera par exemple la perte qui ne devrait pas être dépassée dans 95 % ou 99 % des cas sur la période déterminée.Le procédé le plus utilisé pour ce calcul consiste à simuler plusieurs milliers de scénarios et voir comment le fonds se comporte (modèle Monte Carlo).

Les risques extrêmes : cauchemar de l’investisseur

Le principal intérêt de ces modèles est de prendre en compte les phénomènes extrêmes c’est à dire les risques de krach. Autant l’investisseur peut accepter le risque « normal » de son investissement, le considérant à juste titre comme le corollaire de la performance, autant il essayera de se prémunir face à ces risques extrêmes qui peuvent réduire à néant en quelques semaines des années d’épargne.

L’actualité depuis 2000 en témoigne : fin de la bulle des technologiques en 2001, crise des subprimes en 2008, crise de la dette grecque en 2011... Nous avons connu trois crises boursières majeures en 10 ans ce qui est une fréquence trop élevée pour ne pas la prendre en compte. On peut cependant constater que même lors de la crise de 2008 au cours de laquelle les marchés action ont perdu plus de 50%, les mêmes marchés n’ont mis que 18 mois pour revenir à leur niveau d’avant crise.Cela introduit ainsi une notion très importante dans la gestion du risque : l’horizon temporel de l’investisseur. En la matière, la règle est simple : plus vous avez du temps devant vous plus vous pouvez prendre de risques, car plus vous aurez le temps que votre investissement rebondisse après une perte éventuelle.

Pour aller plus loin

Après les déboires violents des marchés en 2008 les régulateurs ont pris des mesures drastiques au niveau européen pour instaurer plus de transparence dans la vente de produits financiers. En France, cela s’est traduit dès 2013 par une nouvelle règlementation, qui précise les éléments à prendre en compte pour déterminer le niveau de risque acceptable pour un investisseur dans le cadre du conseil et qui interdit à l’intermédiaire financier de vendre des produits plus risqués que le profil déterminé. Ces réglementations seront encore renforcées en 2018 avec l’entrée en vigueur de nouvelles règles européennes en matière de transparence et de prise en compte des caractéristiques des clients. Investisseur Privé est déjà en train d’intégrer ces normes et process afin d’y être préparé dès leur entrée en vigueur.