La diversification, principe de base d’un portefeuille robuste.

Par Investisseur Privé, le 07 févr. 2017

La sagesse populaire le sait depuis très longtemps : il ne faut pas mettre tous ses œufs dans un même panier. Ce principe est particulièrement vrai lorsqu’on veut construire un portefeuille robuste quelle que soit la tendance des marchés.

 

 
 
 
 

A la base de la diversification : la notion de corrélations

La corrélation consiste à regarder comment deux actifs réagissent dans des conditions similaires de marché. S’ils réagissent d’une manière similaire ils seront corrélés, s’ils réagissent de manière différentes ils seront dé corrélés, s’ils réagissent de manière inverse ils seront anti corrélés. En conséquence, plus deux produits sont corrélés et moins le fait de les avoir tous les deux dans le portefeuille apportera de diversification. Pour avoir un portefeuille bien diversifié et moins volatil il faut donc assembler ensemble des produits les plus dé corrélés possible.

C’est ce que l’on comprend intuitivement : si je prends deux classes d’actifs qui réagissent différemment l’une par rapport à l’autre, par exemple les actions et l’or. Quand les actions baissent, l’or, qui est une valeur refuge, va augmenter et de ce fait compenser la baisse des actions. Au final mon portefeuille sera beaucoup moins volatil et risqué que chacune de ses composantes prises individuellement.

La diversification jusqu’à l’efficience

Ce principe a été généralisé et théorisé dans les années 50 par Markovitz qui a démontré que pour un ensemble de classes d’actifs il existe un mix parfait qui donnera le meilleur compromis entre la volatilité et le rendement.

L’ensemble des portefeuilles qui répondent à ces critères constituent ce que l’on appelle la frontière efficiente et eux-mêmes sont dits efficients.

Pour que ces modèles fonctionnent bien il faut évidemment que les classes d’actifs proposées au départ soient suffisamment différentes les unes des autres. Aux classes traditionnelles obligataires et action on pourra tirer bénéfice à ajouter des classes d’actifs moins conventionnelles dites de diversification justement : matières premières physiques, immobilier (à travers de SCPI ou des OPCI), des produits à performance absolue et même des produits alternatifs ou structurés.

L’important est que les produits présents dans le portefeuille aient des comportements différents afin d’amortir les soubresauts du marché sans perdre leur  potentiel de gains.

Diversification directe ou diversification déléguée ?

Le problème avec la diversification c’est qu’elle oblige à acheter un grand nombre de produits différents. Si le portefeuille a un faible montant cela peut ne pas être logique voire devenir un problème du fait de l’investissement minimum exigé pour chaque produit.

Une solution consiste alors à déléguer la diversification du fonds à des gestionnaires à travers l’achat de fonds mixte qui combinent différentes classes d’actifs. Ces fonds sont classés en deux familles distinctes : les fonds profilés pour lesquels l’allocation globale ne changera pas dans le temps et les fonds flexibles dont l’allocation variera dans le temps en fonction des opportunités tactiques du marché.

Cette seconde famille est devenue très populaire depuis la crise de 2008 lors de laquelle ils ont su démontrer leur capacité à résister à la baisse.

 

Pour aller plus loin

Pour un portefeuille correctement diversifié il faut en général compter entre 8 et 10 classes d’actifs différentes : Monétaire ou support en Euros, Obligations Euro, Obligations dans d’autres devises, Actions Europe, Actions USA, Actions Asie et Actions émergentes.

A ces classes d’actifs qui vont composer la structure première du portefeuille pourront se rajouter les classes d’actifs de diversification : actions sectorielles, matières premières, Obligations haut rendement, produits alternatifs, voire produits de couverture…

Cette poche de diversification ne doit en général pas dépasser 20% du portefeuille et chaque classe d’actifs de diversification ne doit pas faire plus de 5 à 10%.